Fédération Nationale des Anciens
des
Missions Extérieures
Région Bourgogne
22 octobre 2006 : Châtillon-sur-Seine
Inauguration du monument dédié aux
Tirailleurs Sénégalais
Morts pour la France en 1940
Le récit d'une inauguration
TRAITES COMME DES ETRES INFERIEURS
LES TIRAILLEURS SENEGALAIS
SONT ABATTUS SUR PLACE


Septembre 1939, l'Empire se mobilise. Les premiers arrivés viendront de Brazzaville. Ils portent encore la tenue de parade, bleue soutachée de
rouge. Dès la déclaration de la guerre, le 3 septembre 1939, les quatre divisions d'infanterie coloniale (D.I.C.) ont immédiatement pris le chemin du
front. Elles passeront la drôle de guerre sur le front à la frontière du nord en attendant un hypothétique ennemi.

A la veille de l'offensive allemande, le 10 mai 1940 en Belgique, 8 divisions coloniales seront prêtes à faire face à l'ennemi, de la région de Varennes
en Argonne à Drulingen en Alsace et en défense à l'armée des Alpes.

Les premiers engagements vont toucher l'une des unités coloniales, rattachées à une division d'infanterie de forteresse, la 42ème demi-brigade de
mitrailleurs coloniaux (42e ½ B.M.I.C.). Cette demi-brigade se trouve exactement sur l'axe des Panzerdivisions qui, débouchant de la forêt des
Ardennes, ont pour mission de crever, puis de tourner le front français.

Du 10 mai au 20 juin les troupes coloniales se battront avec acharnement sur tous les fronts pour se terminer par les terribles massacres du 25ème
Régiment de tirailleurs sénégalais à Lyon les 19 et 20 juin.

La presse allemande, célèbre les exploits de l'infanterie poméranienne devant la Somme, parle de la 5e D.I.C. en ces termes : « Les français
combattirent avec acharnement, les Noirs surtout, qui utilisaient jusqu'au bout chaque possibilité de défense. Pour briser cette résistance, il fallut
mettre en action des lance-flammes, et pour venir à bout des derniers Sénégalais, il fallut les tuer un par un. »

Les Allemands arrivèrent à Châtillon le lundi 17 juin 1940 vers midi. Il y eut quelques escarmouches entre leurs formations motocyclistes et un
détachement de nos chasseurs à cheval, tandis que les avions ennemis mitraillaient les fuyards. Cette avancée poussait devant elles les rescapés des
régiments coloniaux qui combattaient avec fureur.

Mais un traitement « particulier » sera réservé aux troupes coloniales capturées par l'armée allemande. Certes les combattants d'Afrique du Nord et
d'Afrique noire avaient montré leur bravoure dans les batailles désespérées où ils luttèrent souvent jusqu'à leurs dernières cartouches. Mais la doctrine
hitlérienne voulait qu'ils fussent considérés comme des êtres inférieurs, des « sous-hommes », et traités comme tels.

Ce 17 juin, de violents engagements eurent lieu, notamment à Villaines (64 morts), à Balot (29 morts) à Laignes (30 morts dont 12 soldats noirs) à
Poinçon (6 morts), à Sainte-Colombe (8 morts et 3 civils) au hameau d'Emorots (6 morts). A Aignay, Baigneux, et tout le long de la R.N. 71, les
combats furent également féroces. Dans le village aubois de Channes, on releva 47 tués.


A Châtillon-sur-Seine, en ce 17 juin 1940, 12 seront fusillés contre l'église St. Jean, 1 tué à bec à vent, 1 à la ferme de la Grange Jacob, 1 à la
Barotte, 1 sur la route de Laignes. 1 dans le parc Maître et 1 dans le jardin Saint-Antoine.

Tous les corps encore revêtus de leur uniforme et équipements seront rassemblés et inhumés au cimetière Saint-Thibaut.

Le colonel Philippe Debarge, commandant le
groupement de gendarmerie de Côte d'Or, le sergent-
chef Gilles Surirey, Président de la Fname-Bourgogne
et du Souvenir Français, Hubert Brigand, maire de
Châtillon-sur-Seine, monsieur le sous-préfet Pierre
Besnard, François Sauvadet, député de la Côte d'Or,
Maurice Chiffon, représentant le sénateur Revol
Ernest Teletche, président honoraire du
Souvenir Français, Gilles Surirey, président
Souvenir Français, Pierre Besnard, Sous préfet,
Mohamed Ould, attaché culturel de l'ambassade
de Mauritanie, François Sauvadet, député,
colonel Philippe Debarge de la gendarmerie,
Maurice Chiffon, M. Labache, directeur
interdépartemental des anciens combattants,
Mme Tardivon, directrice départementale des
Anciens combattants.